Bonjour Florian.
Bravo pour ta victoire à Valence et merci pour avoir la gentillesse de nous répondre.- Tout d'abord merci à vous et c'est avec grand plaisir que je réponds a tes questions.
Peux-tu nous retracer rapidement ton parcours en compétition moto?- J'ai commencé la compétion vitesse il y 5ans (avant je faisais du moto cross en ligue de Provence sur une 85 KX). J'ai été vainqueur de la Conti Cup en 2005 et 4ème du championnat de France 50 open en 2006.
En 2007, je suis vainqueur de la Junior Cup en ayant loupé 2 courses; trop jeune à l’époque pour faire les deux premières (maintenant les petits jeunes Français ont tout leur avenir devant eux).
Les choses sérieuses ont commencé en 2008; je finis 8ème du championnat de France 125cc, 10ème de la Red Bull Rookies Cup et 4ème de la Riders Cup. Cette même année je participe aussi à quelque épreuves en Espagne et en Italie au sein de (feu) l'équipe de France.
En 2009, je participe au championnat de France junior Pirelli 600; je finis 8ème avec trois résultats, 1er, 2ème et 3ème, mais je me fais remarquer immédiatement par mes positions aux avant-postes (avant de tomber).
Toujours en 2009, je finis 5ème de la Red Bull Rookies Cup avec 1 victoire (et des bastons mémorables qui me font échouer au pied du podium 4 fois de suite) puis 12ème du Superstock 600 en n'ayant fait que les trois dernières courses; victoire à Magny-Cours devant 80.000 spectateurs dont 2 qui ont pour nom de famille Ten Kate…
Cette année je roule au sein de leur team en championnat d'Europe 600 Superstock!
Après 2 années en Red Bull MotoGP Rookies Cup, et une victoire l'année dernière, tout le monde pensait que tu allais signer de nouveau pour une troisième année. Tu as fait un autre choix. Pourquoi?-Je n'ai pas signé de nouveau car, tout d'abord, une ou deux courses du Championnat d'Europe Superstock tombaient en concurrence avec celle de la Red Bull Rookies Cup.
Egalement parceque, à la Rookies Cup aussi, la crise est passée par là; plus de pilotes sélectionnés dans la saison pour aller faire une pige ou deux au CEV avec la Moto GP Academy qui a été dissoute (Nelson a pu en faire 2 en 2008) et la Rookies Cup ne garantissait plus de budget ou une place en GP!
Si Sturla est en GP, c'est parce qu'il a ammené un budget avec ses propres sponsors; pareil pour Kornefeil!
Avec mon père on s’est concerté, et au vu du programme annoncé par Ten Kate et Domenico Francese, on s’est dit qu’il valait mieux ne pas s’éparpiller et ne faire qu’une seule chose, mais la faire bien.
Que t'a apporté la Red Bull Cup?- Le Top! Si je réussis professionnellement dans mon métier de pilote, je crois que c’est simplement grâce à eux. Mon papa n’aurait jamais eu les moyens de m’amener sur des épreuves Européennes ou simplement en Espagne.
Je me suis fait remarqué par Poncharal puis, évidement, des opportunités se sont présentées (une 600 prêtée par un concessionnaire Local) alors que d’autres portes se fermaient sans raisons (FFM).
Mais là, c’est un autre débat car je vois déjà Pascal s’enflammer sur son clavier…
La Red Bull Rookies Cup m'a vraiment bien formé, surtout pour les courses en groupe! Elle m'a appris à être lucide et malin; 4 podiums loupés dans le dernier tour, ça laisse des traces :)
Et surtout, durant ces deux années, je suis devenu travailleur. J’ai également beaucoup appris avec la Red Bull Rookies Cup et le staff de la Moto GP Academy sur le fonctionnement de la moto, des suspensions…
De plus, tout le monde sur un même pied d’égalité et on ne se gratte plus la tête; il faut visser la poignée droite….
L’aspect financier est également très important; combien de pilotes ont du arrêter leur saison après une ou deux bonnes gamelles parcequ'ils n'avaient plus de sous pour réparer la moto?
Là, si on tombe le matin, on repart l’après midi avec une moto neuve, réparée, et une combinaison neuve. Ils ne veulent pas voir une moto ou une combinaison râpée sur les photos.
Maintenant, depuis que Barbosa est passé par la Red Bull Rookies Cup, peut-être que les choses vont changer; après 10 carénages cassés, je crois que tu payes
L'année dernière, tu alternais alors 2-temps 125cc et 4-temps 600cc avec facilité. Aujourd'hui, pas mal de pilotes de Moto2 ont du mal à s'adapter à ce changement. Peux-tu nous expliquer précisément les différences de pilotages et donner un petit conseil?- Le pilotage d’un 125 et vraiment différent comparé a une 600.
Je dirais que le 125 demande vraiment une grande finesse dans sa façon de piloter, c'est-à-dire qu’il faut freiner tard, fort et lâcher aussitôt les freins pour avoir beaucoup de vitesse de passage en courbe.
Avoir vraiment les bonnes trajectoires, utiliser toute la piste, se faire tout petit derrière la bulle et prendre le filet de gaz le plus tôt possible…
La 600, il faut freiner assez fort mais la différence, c’est qu(on ne lâche pas aussitôt les freins.
Il faut également couper les trajectoires et accélérer vraiment fort !
Cette année, le championnat STK 600 n'est pas très fourni mais la bagarre pour la tête est très vive. Qui te semble le plus dangereux pour le titre?-Je me méfie de tout le monde et, pour moi, tous les Français sont dangereux !
As-tu un petit conseil à donner pour les deux rookies de la catégorie que sont Cyril Carrillo et Steven Le Coquen?- La dernière fois que j’ai donné un conseil a un de mes amis pilote, il a fini devant moi, alors je ne suis pas près de renouveler l’expérience.
Demande à Ricco ce qu’il dirait lui!
La dernière fois qu’il ma filé un conseil… il vous expliquera! (Pau Arnos 2007)
Tu es quasiment le seul à rouler sur une Honda. Quels sont ses points forts et ses points faibles par rapport à la Yamaha?- Tout d’abord mon analyse ne sera pas totalement exacte car je n’ai jamais roulé avec une Yamaha. Mais je dirais que la Honda pardonne plus d’erreurs et qu'on arrive plus facilement à trouver la limite de la moto, comparé a la Yamaha.
Après, je pense qu’il y a vraiment une différence moteur entre les deux motos. Je pense que personne dira le contraire mais la Yamaha marche vraiment mieux a l’accélération et dans les circuits de relance comme valence elle sont avantagées.
A Valence, je me faisais prendre régulièrement, à tous les tours, entre 5 et 10 kms/h par Nelson; sa moto à été créditée d’une vitesse de pointe supérieure à la Supersport de Sofuoglu!
Je trouve que la Yamaha (bien réglée) est vraiment stable et tourne bien. Personnellement, avec ma Honda, je me bats constamment pour la garder stable à l’accélération et au freinage.
La Honda ne dispose pas de l’embrayage anti-dribling. Et ça, c’est un vrai avantage, je pense, car en ce qui me concerne, je galére vraiment au rétrogradage; je fais d'ailleurs souvent des erreurs a cause de cela.
Sur la piste, ton pilotage est très agressif et dans le paddock, tu passes pour quelqu'un qui n'a pas froid aux yeux. Tous les grands champions ont commencé comme cela; tu n'as jamais peur?-Non. En fait, je dirais que je n’aime pas m’éparpiller et que je m’isole assez pour garder toute mon énergie. Il est vrai que je ne suis pas souvent d’humeur souriante et que cela peut me faire passer pour quelqu’un qui a "la grosse tête"! C’est assez embêtant de se faire critiquer, dans le dos, par des gens qui ne me connaissent pas.
Après pour mon style de pilotage, c’est aussi dû à la Honda qui demande à être « tordue » à l’accélération et au freinage.
Si vous voyiez mon coéquipier avec sa 1000, vous comprendriez ce que c’est qu'un pilote agressif.
Quel est ton pire souvenir, en course?- Portimao a été dur à encaisser !
Quel est ton meilleur souvenir, en course?- J’en ai plusieurs, mais en premier je dirais ma victoire a Brno car j’ai travaillé durement toute l’année pour la décrocher, et puis c’était vraiment une belle course !
En toute franchise, que penses-tu des merguez de Mickey? -Hahaha! En toute franchise, elles étaient trop cuites.
Il est encore trop tôt dans la saison pour parler de l'avenir, alors on te souhaite le meilleur et on te donne rendez-vous à Assen, le week-end du 24/25 avril.
Merci beaucoup Florian!